Extrait chapitre
En cette fin d’après-midi, le ciel est plutôt dégagé, au-dessus de Libreville. Capitale gabonaise que la tendance a l’élégance d’appeler par trois lettres qui se prononcent elbève. Les yeux rivés vers le ciel donc de LBV, Fitzgerald peut observer les avions qui viennent de décoller et ceux qui s’apprêtent à atterrir. Les engins sont si hauts qu’ils apparaissent petits. Cela fait même penser à des jouets qui se propulsent tout seuls. Fitzgerald regarde à travers la grande paroi vitrée. Celle-ci sépare les gros appareils qui sont dehors, sur la piste, de l’ambiance calme et calfeutrée de dedans. Il assiste au balai des voiturettes sans portières, mais gyrophares allumés, qui transportent les bagages. D’ici, le spectacle est silencieux. Il y a même un énorme perroquet d’Air Gabon, c’est-à-dire un gros porteur de la mythique compagnie, qui roule lentement et plus près de la vitre. Mais rien ! Aucun bruit ne vient déranger la douceur de la salle d’embarquement. A vrai dire, Fitzgerald ne s’intéresse pas à ce qui se passe de l’autre côté de la grande vitre. Faisant abstraction des voyageurs de toutes origines qui l’entourent, voilà que sur la gauche, il balade un regard plutôt timide ! Au départ, il admire de sublimes talons aiguilles blancs depuis lesquels s’allonge une séduisante paire de jambes. En haut des cuisses, une jolie culotte toute blanche, portée très court. La chemise en soie rose fuchsia tombe par-dessus. C’est surtout, que dans le prolongement du col, les premiers boutons ne sont pas fermés. Alors le coup d’oeil pour deviner la petite poitrine qui s’y cache est un exercice plaisant. Et, voilà que le jeune homme se fait prendre ! La fille a tourné la tête et surpris Fitzgerald rivé sur ses boutons. Elle éclate de rire, avec ses yeux amande. Elle a à chaque oreille de fines pierres cristallines assemblées en long qui forment deux minces filets étincelants. Lesquels sont si longs qu’ils lui tombent subtilement entre les épaules et son joli cou. Lesquels, également, glissent depuis sa coiffure branchée. Un carré plongeant aux mèches lisses, avec quelques reflets. Puis, elle se détourne de lui. Tant de beauté sur cette jeune fille que Fitzgerald n’arrête pas de savourer du regard ! Pourtant il ne retient qu’une seule chose : elle vient de lui faire un magnifique sourire ! Va-t-elle encore le regarder ? Va-t-elle encore se retourner. Hein ? Va-t-elle encore ? Même s’il s’efforce de ne pas le montrer, c’est avec l’enthousiasme d’un match de football qu’il scrute le profil de la belle et… Ouais ! Elle vient de se retourner pour à nouveau sourire avec son beau visage tout fin. Quant à lui, retenant au maximum sa joie, il répond d’un sourire idiot. Puis, elle se remet si vite à admirer du côté de la piste d’atterrissage que, euh ? Il se demande si son sourire n’a pas été un peu trop idiot !...
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